Questions de l'examen de déontologie avocat (98-1) : 40 questions et éléments de réponse
Le jury mélange questions de cours et mises en situation, pendant 30 minutes, sans préparation ni document. Ci-dessous : 40 questions classées selon les 6 blocs du programme officiel, chacune avec ce qu'il faut répondre et le texte à citer, puis 6 cas pratiques corrigés.
Le programme complet, les dates et les droits d'inscription sont sur la page examen de déontologie de la passerelle.
Comment le jury de l'examen de déontologie t'interroge
30 min
exposé-discussion
3
jurés : avocat, magistrat, universitaire
12/20
pour être admis
0
document, aucune préparation
Le texte dit seulement que le jury « arrête les sujets » (arrêté du 30 avril 2012, article 3). Aucun CRFPA ne publie de questions. Les seuls exemples concrets viennent de candidats, sur le forum du Village de la justice :
| Centre et date | Ce qui a été demandé | Note rapportée |
|---|---|---|
| Lille, décembre 2023 | Présentation et motivation, puis mises en situation : rupture conventionnelle aux prud'hommes, garde à vue et médias, partage de locaux, consultations gratuites lors d'un événement municipal, reprise d'un dossier mal traité. Une seule question de cours : le rôle du bâtonnier. | Admis (7 reçus sur 10) |
| Toulouse, mars 2025 | Sujet sur les conflits d'intérêts, creusé pendant les 30 minutes. | 11/20 |
| Bordeaux, janvier 2026 | Conseil de l'ordre et bâtonnier, secret, procédure disciplinaire, lettre officielle, conflits d'intérêts, contrat de collaboration ; défense de rupture (magistrat) ; apport d'affaires (universitaire). | 13/20 |
Témoignages isolés, non vérifiables, rapportés tels quels. Ils montrent deux styles de jury : un thème creusé à fond, ou un tour rapide du programme.
40 questions d'examen de déontologie, par bloc du programme
Lis la question, réponds à voix haute en une minute, puis ouvre l'élément de réponse. Les textes cités sont ceux en vigueur au 30 octobre 2026.
1. Les règles déontologiques (12 questions)
Quels textes encadrent aujourd'hui la déontologie de l'avocat ?
La loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, le décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991, le code de déontologie des avocats issu du décret n° 2023-552 du 30 juin 2023, le règlement intérieur national (RIN) adopté par le CNB, puis le règlement intérieur de ton barreau. Le décret n° 2005-790 a été abrogé par le décret de 2023 : ne le cite pas comme texte en vigueur.
À citer : Décret n° 2023-552 ; RIN
Quels sont les principes essentiels de la profession ?
Ceux du serment : dignité, conscience, indépendance, probité, humanité. S'y ajoutent l'honneur, la loyauté, l'égalité et la non-discrimination, le désintéressement, la confraternité, la délicatesse, la modération et la courtoisie. Envers le client : compétence, dévouement, diligence et prudence.
À citer : Code de déontologie, art. 3 ; RIN, art. 1.3
Quelle est la portée du secret professionnel de l'avocat ?
Il est d'ordre public, absolu, général et illimité dans le temps. Il couvre toutes les matières, le conseil comme la défense : consultations, correspondances avec le client et entre avocats, notes d'entretien, pièces du dossier. Sa violation est aussi un délit.
À citer : Loi de 1971, art. 66-5 ; code, art. 4 ; C. pén., art. 226-13
Ton client peut-il te délier du secret ?
Non. Seule la loi prévoit des exceptions. L'avocat ne peut s'en écarter que dans les strictes exigences de sa propre défense, par exemple face à une action en responsabilité de son client.
À citer : Code, art. 4 ; RIN, art. 2.1
En quoi ton secret d'avocat diffère-t-il de la confidentialité des consultations du juriste d'entreprise ?
La loi n° 2026-122 du 23 février 2026 a créé un article 58-1 dans la loi de 1971 : certaines consultations écrites du juriste sont confidentielles, sous conditions, mais cette protection n'est pas opposable en matière pénale ni fiscale. Elle entre en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le 1er février 2027. Le secret de l'avocat, lui, est général et d'ordre public. Question classique pour un ancien juriste.
À citer : Loi de 1971, art. 58-1 et 66-5 ; Cons. const., n° 2026-900 DC
Une lettre d’un confrère peut-elle être produite en justice ?
En principe non : les correspondances entre avocats sont confidentielles. Exception : la lettre portant la mention « officielle », réservée aux courriers qui équivalent à un acte de procédure ou qui ne font référence à aucun écrit ou échange confidentiel antérieur.
À citer : Loi de 1971, art. 66-5 ; RIN, art. 3
Quand y a-t-il conflit d'intérêts ?
Quand l'avocat ne peut pas conseiller, représenter ou défendre plusieurs clients dans une même affaire sans compromettre les intérêts de l'un d'eux, ou quand ce risque est sérieux. La règle vaut aussi pour un ancien client dont tu connais les affaires, et s'étend à toute ta structure d'exercice.
À citer : Code, art. 7 ; RIN, art. 4
Que fais-tu si un conflit apparaît en cours de dossier ?
Tu cesses d'intervenir pour tous les clients concernés, pas seulement pour l'un d'eux. Tu le fais sans révéler les informations confidentielles reçues de l'un à l'autre, et en temps utile pour qu'ils puissent consulter un autre avocat.
À citer : RIN, art. 4.1 ; code, art. 7 et 13
Tu succèdes à un confrère : quelles sont tes obligations ?
Avant toute diligence, tu le préviens par écrit et tu t'informes des sommes qui pourraient lui rester dues. Tu ne peux pas engager d'action contre lui pour le compte du client sans l'accord préalable du bâtonnier.
À citer : Code, art. 19 ; RIN, art. 9
Que recouvre le respect du contradictoire pour un avocat ?
Communiquer spontanément et en temps utile tes moyens et tes pièces à l'adversaire, devant toutes les juridictions. C'est une règle de procédure, mais aussi un devoir déontologique dont la violation peut être sanctionnée.
À citer : Code, art. 16
Quand es-tu soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment ?
Quand tu participes, pour ton client, à certaines opérations financières ou immobilières, ou quand tu agis comme fiduciaire. La consultation juridique et l'activité juridictionnelle en sont en principe exclues. La déclaration de soupçon est adressée au bâtonnier, qui la transmet à Tracfin.
À citer : C. mon. fin., art. L. 561-3 et L. 561-17
Quand le code de déontologie des avocats européens s’applique-t-il ?
Dans les activités transfrontalières avec des avocats d'autres États de l'Union et de l'Espace économique européen. Il est repris à l'article 21 du RIN. Point à connaître : avec un confrère étranger, la confidentialité des échanges n'est pas automatique, elle doit être demandée avant l'envoi.
À citer : Code CCBE ; RIN, art. 21
2. Organisation professionnelle (5 questions)
Quelles sont les attributions du conseil de l'ordre ?
Il traite toutes les questions qui touchent à l'exercice de la profession dans le barreau : arrêter le règlement intérieur, statuer sur l'inscription au tableau, veiller au respect des devoirs des avocats, gérer les biens de l'ordre. Ses délibérations peuvent être déférées à la cour d'appel.
À citer : Loi de 1971, art. 17 et 19
Quel est le rôle du bâtonnier ?
Il représente le barreau, prévient ou concilie les différends entre avocats, instruit les réclamations des tiers, arbitre les litiges professionnels entre avocats et tranche les contestations d'honoraires. Il peut engager les poursuites disciplinaires.
À citer : Loi de 1971, art. 21 ; décret de 1991, art. 174 et s.
Quel est le rôle du Conseil national des barreaux ?
Il représente la profession auprès des pouvoirs publics et unifie les règles et usages par des dispositions générales : c'est l'origine du RIN. Il intervient aussi dans la formation et délivre les certificats de spécialisation.
À citer : Loi de 1971, art. 21-1 et 12-1
Qui juge un avocat en matière disciplinaire ?
Le conseil de discipline institué dans le ressort de chaque cour d'appel. À Paris, c'est le conseil de l'ordre siégeant comme conseil de discipline. Ses décisions peuvent être déférées à la cour d'appel.
À citer : Loi de 1971, art. 22 et s.
Qui a statué sur ton inscription, et pourquoi passes-tu cet examen ?
Le conseil de l'ordre de ton barreau, au titre de l'article 98 du décret (par exemple le 3° pour huit ans de pratique de juriste d'entreprise). Cette voie te dispense du CAPA, mais pas du contrôle des connaissances en déontologie et réglementation professionnelle : 12/20 minimum, trois tentatives au plus.
À citer : Décret de 1991, art. 98 et 98-1 ; arrêté du 30 avril 2012
3. Exercice professionnel (10 questions)
Où dois-tu fixer ton domicile professionnel ?
Dans le ressort du tribunal judiciaire auprès duquel tu es inscrit. C'est ce domicile qui détermine ton barreau.
À citer : Code, art. 45
Comment ouvrir un bureau secondaire ?
Par une déclaration au conseil de l'ordre de ton barreau. Si le bureau se trouve dans le ressort d'un autre barreau, il faut en plus l'autorisation du conseil de l'ordre de ce barreau.
À citer : Loi de 1971, art. 8-1
Avec quelles activités la profession est-elle incompatible ?
Avec toute autre profession, sauf dérogation légale, et avec les activités commerciales. Restent permis notamment l'enseignement, l'arbitrage, la médiation. L'avocat peut exercer à titre accessoire une activité commerciale connexe à son exercice, à condition d'en informer le conseil de l'ordre dans les trente jours.
À citer : Code, art. 21 et 22
Peux-tu garder ton poste de juriste salarié après ton serment ?
Non. Le salariat chez un employeur qui n'est pas avocat est incompatible avec la profession. Tu dois avoir quitté ce poste avant de prêter serment, et l'Ordre te demandera de le prouver (certificat de travail).
À citer : Code, art. 21 ; loi de 1971, art. 7
Ancien fonctionnaire, peux-tu plaider contre ton ancienne administration ?
Pas pendant cinq ans : l'ancien fonctionnaire ne peut ni plaider ni conclure contre l'administration à laquelle il appartenait. Les anciens collaborateurs parlementaires ont une règle comparable.
À citer : Code, art. 32 et 33
Que peux-tu faire en matière de publicité et de sollicitation ?
La publicité et la sollicitation personnalisée sont permises depuis 2014, si l'information est sincère, sans comparaison ni dénigrement, dans le respect du secret. La sollicitation se fait par courrier postal ou électronique ; le SMS est exclu. La prestation qui en résulte fait l'objet d'une convention d'honoraires.
À citer : Loi de 1971, art. 3 bis ; code, art. 15
Peux-tu te dire « spécialiste » de ta matière d’origine ?
Seulement si tu obtiens le certificat de spécialisation délivré par le CNB. Huit ans de droit social en entreprise ne suffisent pas à porter le titre sans ce certificat.
À citer : Loi de 1971, art. 12-1
Quelle est ton obligation de formation continue ?
Vingt heures par année civile, ou quarante heures sur deux années consécutives, à déclarer à ton Ordre au plus tard le 31 janvier de l'année suivante. Le manquement peut conduire à l'omission du tableau.
À citer : Décret de 1991, art. 85 et 85-1
Quelles sont les sanctions disciplinaires ?
L'avertissement, le blâme, l'interdiction temporaire d'exercice (trois ans au plus, avec sursis possible) et la radiation du tableau. Des peines complémentaires peuvent s'y ajouter, dont une formation en déontologie. Elles répriment tout manquement aux règles professionnelles, à la probité, à l'honneur ou à la délicatesse, même en dehors de l'exercice.
À citer : Décret de 1991, art. 183 et 184
Quelle différence entre l'omission et la radiation ?
La radiation est une sanction disciplinaire. L'omission est une mesure administrative du conseil de l'ordre, par exemple en cas d'incompatibilité, de défaut d'assurance ou de défaut d'exercice effectif : l'avocat peut être réinscrit quand la cause disparaît.
À citer : Décret de 1991, art. 104 et 105
4. Les modes et structures d'exercice (5 questions)
Quels sont les modes d'exercice de la profession ?
À titre individuel, en association, au sein d'une société d'exercice, ou comme collaborateur libéral ou salarié d'un avocat ou d'une structure d'avocats.
À citer : Loi de 1971, art. 7
Collaborateur libéral et salarié : quelle différence ?
Le collaborateur libéral n'est pas subordonné et peut développer sa clientèle personnelle. Le salarié est subordonné pour ses conditions de travail et n'a pas de clientèle personnelle. Les deux restent soumis à la même déontologie.
À citer : Loi de 1971, art. 7 ; RIN, art. 14
L'avocat salarié perd-il son indépendance ?
Non. Il peut demander à être déchargé d'une mission qu'il juge contraire à sa conscience ou à son indépendance. Il reste maître de son argumentation, mais informe son employeur avant de la développer si elle diffère de celle de l'employeur.
À citer : Code, art. 36 et 37
Qu'est-ce qu'une AARPI ?
Une association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle. Elle n'a pas la personnalité morale, et chaque associé ne répond pas des fautes professionnelles des autres. Forme très répandue dans les cabinets d'affaires, à côté des sociétés d'exercice libéral (SELARL, SELAS).
À citer : Loi de 1971, art. 7
Qu'est-ce que l'interprofessionnalité ?
L'exercice en commun avec d'autres professions réglementées, par exemple avocats et experts-comptables dans une société pluri-professionnelle d'exercice. Chaque professionnel y reste soumis à sa propre déontologie, et l'avocat garde son secret.
À citer : Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023
5. Honoraires, comptabilité, fiscalité (5 questions)
La convention d'honoraires est-elle obligatoire ?
Oui, depuis la loi n° 2015-990 du 6 août 2015, sauf urgence, force majeure ou aide juridictionnelle totale. Elle précise le montant ou le mode de calcul des honoraires et les frais envisagés.
À citer : Loi de 1971, art. 10 ; code, art. 10
Pacte de quota litis et honoraire de résultat : quelle différence ?
Le pacte de quota litis, qui fixe l'honoraire uniquement en fonction du résultat, est interdit. L'honoraire complémentaire de résultat, qui s'ajoute à la rémunération des diligences, est licite s'il est prévu par la convention. La rémunération d'apports d'affaires est interdite.
À citer : Loi de 1971, art. 10 ; code, art. 10
Comment se règle une contestation d'honoraires ?
Devant le bâtonnier, qui statue dans les quatre mois, délai prorogeable une fois de quatre mois. Sa décision, ou son silence, peut être déféré au premier président de la cour d'appel dans le délai d'un mois.
À citer : Décret de 1991, art. 174 à 176
À quoi sert la CARPA ?
La caisse des règlements pécuniaires des avocats reçoit les fonds que l'avocat manie pour ses clients. Elle les sépare de ceux du cabinet et contrôle que chaque mouvement correspond à une affaire. L'avocat ne garde jamais l'argent d'un client sur son propre compte.
À citer : Décret du 27 novembre 1991 ; règlement de la CARPA de ton barreau
Comment l'avocat est-il imposé ?
L'avocat individuel et le collaborateur libéral déclarent des bénéfices non commerciaux. L'avocat salarié perçoit des salaires. Les honoraires sont soumis à la TVA, sauf franchise en base.
À citer : CGI, art. 92
6. La responsabilité civile professionnelle (3 questions)
Quelles garanties l'avocat doit-il justifier ?
Une assurance de responsabilité civile professionnelle et une garantie de représentation des fonds reçus pour les clients. Elles sont le plus souvent souscrites collectivement par le barreau.
À citer : Loi de 1971, art. 27
Un client te réclame des dommages-intérêts : que fais-tu ?
Tu informes sans délai le bâtonnier et tu déclares le sinistre à l'assureur. Tes intérêts sont désormais opposés à ceux du client : tu ne peux plus le conseiller sur cette réclamation.
À citer : Code, art. 44 et 7
Quelles mesures préventives un cabinet met-il en place ?
Lettre de mission et convention d'honoraires, vérification des conflits à l'ouverture de chaque dossier, double suivi des délais, conseils donnés par écrit. La jurisprudence fait peser sur l'avocat la preuve qu'il a rempli son devoir de conseil : l'écrit le protège.
À citer : Code, art. 3
6 cas pratiques de déontologie corrigés
Méthode en trois temps : identifier la règle, l'appliquer aux faits, dire ce que tu fais concrètement. Le jury attend la troisième étape.
Cas 1. La provision en espèces
Un nouveau client veut acheter un immeuble par une SCI que tu vas constituer. Il propose de te verser 20 000 € de provision en espèces « pour aller vite ».
Voir le corrigé
- ▸L'opération est immobilière et tu y participes : tu es soumis aux obligations de vigilance (C. mon. fin., art. L. 561-3). Identification du client et du bénéficiaire effectif, origine des fonds.
- ▸Les fonds destinés à l'opération passent par la CARPA, jamais par ton compte. Une provision d'honoraires doit rester raisonnable (code, art. 11).
- ▸Si l'origine des fonds te paraît suspecte : déclaration de soupçon au bâtonnier, sans en informer le client.
Cas 2. Le profil LinkedIn
Tout juste inscrit, tu modifies ton profil : « Avocat spécialiste en droit social, 10 ans chez [grand groupe] ». Tu envoies aussi un message privé à d'anciens fournisseurs pour leur proposer tes services.
Voir le corrigé
- ▸« Spécialiste » est réservé au titulaire du certificat de spécialisation du CNB (loi de 1971, art. 12-1) : retire le mot.
- ▸Mentionner ton parcours est permis s'il est exact. L'information doit rester sincère, sans comparaison ni dénigrement (code, art. 15).
- ▸Le message privé est une sollicitation personnalisée : permise par écrit, avec une information sur le coût, et toute prestation qui suit exige une convention d'honoraires.
Cas 3. Le prédécesseur impayé
Une cliente te confie un litige commercial. Elle a quitté son avocat, qu'elle n'a pas payé, et te demande de ne pas le prévenir.
Voir le corrigé
- ▸Tu dois prévenir ton prédécesseur par écrit avant toute diligence et t'informer des sommes qui lui sont dues (code, art. 19 ; RIN, art. 9).
- ▸Tu expliques à la cliente que c'est une obligation, pas une option. Tu peux agir en urgence pour sauvegarder ses droits.
- ▸Pas d'action contre le prédécesseur pour elle sans l'accord préalable du bâtonnier.
Cas 4. Les deux héritiers
Un frère et une sœur te consultent ensemble sur la succession de leur mère. Au deuxième rendez-vous, ils ne sont plus d'accord sur la maison.
Voir le corrigé
- ▸Tu pouvais les conseiller ensemble tant que leurs intérêts convergeaient. Le désaccord crée un conflit d'intérêts (code, art. 7 ; RIN, art. 4).
- ▸Tu cesses d'intervenir pour les deux, pas pour l'un seulement : tu as reçu les confidences de chacun.
- ▸Tu les informes à temps pour qu'ils consultent chacun un avocat, et tu gardes le secret sur ce que chacun t'a confié.
Cas 5. La garde à vue de nuit
La mère d'un jeune homme placé en garde à vue t'appelle à 23 heures. Tu viens du droit des contrats. À la sortie de l'entretien, elle te demande ce que son fils t'a dit.
Voir le corrigé
- ▸Accepter un dossier suppose la compétence (code, art. 3). Si tu ne peux pas assurer la mission, oriente vers la permanence pénale du barreau.
- ▸Tu ne révèles rien à la mère : secret professionnel envers les tiers, y compris la famille (code, art. 4), et respect du secret de l'enquête (code, art. 5).
- ▸Ton client est le gardé à vue, pas la personne qui t'a appelé ou qui paie.
Cas 6. L'ancien attaché de préfecture
Admis au titre de l'article 98, 4°, après dix ans au service juridique d'une préfecture, tu reçois un client qui veut attaquer un arrêté de cette préfecture.
Voir le corrigé
- ▸Pendant cinq ans, tu ne peux ni plaider ni conclure contre l'administration à laquelle tu appartenais (code, art. 32).
- ▸Tu peux orienter le client vers un confrère. Rien ne t'empêche de travailler contre d'autres administrations.
- ▸Vérifie aussi que tu n'as pas eu à connaître de ce dossier quand tu étais en poste : ton indépendance et le secret seraient en jeu.
D'autres cas, au format quiz, sont sur la page déontologie de l'avocat.
Les textes à citer (et celui qu'il ne faut plus citer)
| Texte | Articles à connaître | Statut |
|---|---|---|
| Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 | 3 bis (publicité), 7 (modes d’exercice), 10 (honoraires), 12-1 (spécialisation), 17 et 21 (ordre, bâtonnier), 21-1 (CNB), 27 (assurance), 66-5 (secret) | En vigueur |
| Décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991 | 85 (formation continue), 98 et 98-1 (passerelle, examen), 104-105 (omission), 174-176 (honoraires), 183-184 (discipline) | En vigueur |
| Code de déontologie des avocats (décret n° 2023-552 du 30 juin 2023) | 3 (principes), 4 (secret), 7 (conflits), 10 (honoraires), 15 (publicité), 16 (contradictoire), 19 (succession), 20 (confraternité), 21-22 (incompatibilités), 32 (ancien fonctionnaire), 44 (réclamation), 45 (domicile) | En vigueur depuis juillet 2023 |
| Règlement intérieur national (RIN) | 1 (principes), 2 (secret), 3 (correspondances), 4 (conflits), 9 (succession), 14 (collaboration), 21 (code CCBE) | En vigueur (décision normative du CNB) |
| Code monétaire et financier | L. 561-3 (avocats assujettis), L. 561-17 (déclaration au bâtonnier) | En vigueur |
| Loi n° 2026-122 du 23 février 2026 (art. 58-1 de la loi de 1971) | Confidentialité des consultations des juristes d’entreprise | Entrée en vigueur par décret, au plus tard le 1er février 2027 |
| Décret n° 2005-790 du 12 juillet 2005 | Ancien texte de déontologie | Abrogé : ne pas le citer comme en vigueur |
Les pièges classiques pour un ancien juriste
- 1
Raisonner en juriste d’entreprise
Ton client n'est plus ton employeur. Indépendance, secret envers tous les tiers, conflits d'intérêts : le jury vérifie que tu as changé de logique.
- 2
Croire que le client peut lever le secret
Il ne le peut pas. C'est la question piège la plus fréquente sur ce bloc.
- 3
Citer le décret de 2005
Il est abrogé depuis le code de déontologie de 2023. Cite le décret n° 2023-552.
- 4
Oublier la convention d’honoraires
Elle est obligatoire depuis 2015, sauf exceptions. Sans elle, pas d'honoraire de résultat.
- 5
Répondre sans dire ce que tu fais
Une règle exacte ne suffit pas. Termine toujours par la décision : j'accepte, je refuse, je préviens le bâtonnier, je me déporte.
- 6
Négliger les blocs courts
La responsabilité civile professionnelle et l'organisation de la profession tiennent en quelques heures de travail. Le jury de Lille en 2023 a posé la question du rôle du bâtonnier.
Questions fréquentes sur l'examen de déontologie
Quelles questions pose le jury de l'examen de déontologie ?
Le jury « arrête les sujets » (arrêté du 30 avril 2012) : selon les centres, il pose des questions directes ou soumet un cas pratique oral suivi de questions. Les thèmes qui reviennent dans les retours de candidats : secret professionnel, conflits d'intérêts, rôle du bâtonnier et du conseil de l'ordre, procédure disciplinaire, correspondances entre avocats, collaboration, honoraires.
Y a-t-il un temps de préparation à l'examen de l'article 98-1 ?
Non, pas à ce jour : l'EFB, l'EDARA et l'EDAGO indiquent qu'il n'y a pas de temps de préparation, et aucun document n'est autorisé. Le CNB a demandé en octobre 2025 un temps de préparation de 30 minutes ; tant que l'arrêté n'est pas modifié, entraîne-toi à répondre à froid.
Quels textes faut-il connaître pour l’examen de déontologie ?
La loi du 31 décembre 1971, le décret du 27 novembre 1991, le code de déontologie des avocats (décret n° 2023-552 du 30 juin 2023) et le RIN. Ajoute le code monétaire et financier pour le blanchiment. Le décret n° 2005-790 est abrogé.
Combien de questions pose le jury en 30 minutes ?
Aucun chiffre officiel. Les retours de candidats vont d'un seul thème creusé pendant 30 minutes (conflits d'intérêts, Toulouse, 2025) à une dizaine de sujets enchaînés (Bordeaux, 2026). Prépare des réponses courtes, avec l'article, que le jury peut relancer.
Faut-il citer les numéros d'articles à l'examen de déontologie ?
Ce n'est pas exigé par un texte, mais citer le bon fondement (article 66-5 de la loi de 1971 pour le secret, article 7 du code de déontologie pour les conflits) montre que tu raisonnes en avocat. Mieux vaut le bon texte sans numéro qu'un numéro faux ou un texte abrogé.
À lire aussi
- L'examen de déontologie : programme, dates, taux de réussite, plan sur 6 semaines
- La déontologie de l'avocat : principes et quiz de cas pratiques
- Passerelle juriste-avocat : les conditions de l'article 98
- Le dossier de passerelle et le calendrier jusqu'à l'examen
- Reconversion avocat : CRFPA ou passerelle
Sources et méthode
Les chiffres de cette page viennent de sources publiques et officielles. Nous les mettons à jour à chaque nouvelle session. Dernière vérification : octobre 2026.
- Légifrance : arrêté du 30 avril 2012 (programme et modalités de l'examen de l'article 98-1)
- Légifrance : décret n° 2023-552 du 30 juin 2023 portant code de déontologie des avocats
- Légifrance : loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971
- Légifrance : décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991
- Barreau de Marseille : note sur l'examen de l'article 98-1 (mai 2026)
- Village de la justice : forum « Examen de déontologie - Art. 98 » (retours de candidats, 2026)
- CNB : fiche pratique sur les sanctions disciplinaires
- Ordre des avocats de Paris : obligation de formation continue
- Le Monde du droit : la loi sur la confidentialité des consultations des juristes d’entreprise publiée au JO
- CNB : délibération du 10 octobre 2025 sur les modalités des examens d'accès
