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Culture générale à l’ENM : l’épreuve « monde contemporain »

Son nom officiel est connaissance et compréhension du monde contemporain. C’est une composition de 5 heures, coefficient 4, « portant sur une question posée aujourd’hui à la société française dans ses dimensions judiciaires, juridiques, sociales, politiques, historiques, économiques, philosophiques et culturelles ».

Qui la passe

1er concours, 1er concours spécial « Talents », 2e concours. Pas le 3e concours.

Quand

Première épreuve des écrits, début juin (1er juin en 2026).

Poids

Coef. 4 sur 17 à l’écrit du 1er concours. Coef. 5 en 2019, avant la réforme des épreuves de 2020.

Tous les sujets depuis 2016, avec les notes

1er concours, d’après les rapports du jury. Les « admissibles » et « admis » donnent la moyenne obtenue à cette épreuve par les candidats qui ont passé les écrits, puis par les lauréats.

SessionSujetTousAdmissiblesAdmisMeilleure
2026 « La résilience de la Nation »relevé par Pamplemousse Magazine, annale ENM non publiée rapport attendu en 2027
2025 « Les océans et les mers » 9,09 12,21 12,42 ·
2024 « Le péril numérique » 9,72 13,06 13,24 ·
2023 « Être citoyenne et citoyen aujourd’hui » 8,72 12,03 12,25 19
2022 « Consensus et compromis » 7,72 11,08 11,28 16,5
2021 « Les normes, protection ou frein ? » 8,88 · 12,92 17
2020 « Fraternité » 8,76 · · 17,5
2019 « La démocratie » 9,32 · · ·
2018 « Comment s’expriment, selon vous, les besoins et les réalités de la solidarité dans la société française contemporaine ? Des exemples concrets viendront étayer votre réflexion. » 8,70 · 12,27 18
2017 « La vérité est-elle un impératif dans la société française contemporaine ? » 8,93 · 12,70 17,5
2016 « La société française face aux défis du terrorisme » 8,62 · 11,80 ·

« · » : chiffre non publié dans le rapport. 2020 : écrits passés en septembre (crise sanitaire), meilleures notes « entre 16 et 17,5 ».

Deux types de sujets alternent : la notion en un ou deux mots (« Fraternité », « Consensus et compromis », « Les océans et les mers ») et la question (« Les normes, protection ou frein ? »). En 2023, le jury qualifie le sujet de « question de cours » ; en 2025, il note que le thème « a semblé surprendre » et n’avait pas été travaillé en tant que tel par les préparations.

Ce que le jury attend d’une bonne copie

Définir chaque mot du sujet

En 2022, « de trop nombreux candidats ont traité le sujet comme si les deux termes étaient interchangeables ». En 2024, « péril » a été confondu avec risque ou danger. En 2023, il fallait prendre au sérieux « être » et « aujourd’hui ».

Une dimension juridique, pas seulement philosophique

« S’agissant d’un concours d’accès à la magistrature, la réflexion des candidats devait, au-delà des considérations philosophiques, sociologiques, comporter […] une rigueur et une appréhension juridiques de la question posée » (2020).

Du recul historique

Le jury reproche en 2020 et 2021 des copies dont les seules références sont la crise sanitaire et les gilets jaunes : « L’immédiateté est rarement bonne conseillère ». En 2024, il relève des anachronismes sur les révolutions industrielles.

Une position nette

« Toutes les positions sont légitimes dès lors qu’elles sont le fruit d’une démonstration personnelle, claire et argumentée » (2025). Le « politiquement correct » n’est pas attendu (2019).

Une introduction courte et une vraie conclusion

Introductions « hypertrophiées » et conclusions absentes reviennent chaque année. La conclusion doit « ouvrir vers des perspectives futures », pas résumer (2025). Le rapport 2019 conseille de garder 10 à 15 minutes pour se relire.

Les auteurs que le jury voit partout

Le jury dénonce depuis 2020 des références « passe-partout », signe de « préparations au concours coulant les candidats dans le même moule ». Voici ceux qu’il nomme.

RapportAuteurs et exemples jugés trop fréquents
2021Hobbes et Rousseau « qui ouvrent la très grande majorité des copies », Arendt, Constant, Elias, Fourquet, Sureau, Gauchet, Thoreau, Lipovetsky
2022« le trio Rousseau, Hobbes et Locke »
2023Rousseau et Montesquieu, Bourdieu et Rosanvallon « presque toujours », Gaxie, Guilluy, Fourquet, Schnapper, Durkheim, Constant, Tocqueville ; Olympe de Gouges comme exemple
2024Arendt, Rosanvallon et Rousseau, « fréquemment cités sans discernement »

Ce n’est pas une liste noire

Le jury ne bannit pas Rousseau ou Rosanvallon. Il sanctionne la citation plaquée, inexacte ou sans lien avec la démonstration. À l’inverse, « les candidats qui ont su faire état de lectures plus personnelles et originales […] ont bénéficié d’une appréciation favorable » (2021).

Les références que le jury attendait vraiment

Plus utile qu’une bibliographie : ce que les correcteurs ont cherché dans les copies, et souvent pas trouvé. Ce sont des faits, des textes et des épisodes historiques, rarement des citations.

« Fraternité » (2020)

La devise républicaine, les Constitutions, la décision du Conseil constitutionnel de 2018 sur le principe de fraternité, le passage au XIXe siècle de la fraternité à la solidarité.

« Les normes, protection ou frein ? » (2021)

L’inflation normative au-delà des lois (décrets, circulaires, normes techniques), ses causes (transposition des normes européennes, « loi bavarde », urgence médiatique) et les initiatives publiques pour la freiner.

« Consensus et compromis » (2022)

L’Édit de Nantes, le programme du Conseil national de la Résistance, les accords de Matignon et de Nouméa, l’accord du Vendredi saint ; la différence entre culture anglo-saxonne du compromis et tradition latine de l’affrontement.

« Être citoyenne et citoyen aujourd’hui » (2023)

Désobéissance civile, communautarisme, démocratie représentative et démocratie directe, nationalité et souveraineté, citoyenneté en Nouvelle-Calédonie et en Europe, cyber et éco-citoyenneté.

« Le péril numérique » (2024)

Le sens de « péril » (ce qui menace l’existence même), une définition technique et historique du numérique, les GAFAM, la dimension internationale, les régulations européennes et internationales.

« Les océans et les mers » (2025)

Le droit de la mer, « jusqu’à des connaissances de base comme la zone économique exclusive, les 200 milles », le rôle de l’océan dans la production d’oxygène et la régulation du climat.

Comment se préparer : lectures et entraînement

Le jury ne publie pas de bibliographie pour cette épreuve. Les pistes ci-dessous sont les nôtres, déduites de ses remarques.

  1. 1. Fais des fiches par grande notion, pas par auteur

    Les sujets tombés sont des notions (démocratie, citoyenneté, fraternité, normes, vérité, solidarité). Pour chacune : définitions, deux ou trois dates, un texte juridique, une décision, un exemple étranger. C’est exactement ce que le jury a cherché en 2020 et en 2022.

  2. 2. Couvre ce que les copies oublient

    Économie (en 2024, « certaines copies ne citent même pas les GAFAM »), relations internationales, sciences et environnement (en 2025, peu de copies savaient expliquer le rôle de l’océan dans le climat). Un hebdomadaire d’information générale et une revue de géopolitique comblent ces trous mieux qu’un manuel de culture générale.

  3. 3. Garde une lecture qui n’est qu’à toi

    Un roman, un essai d’histoire, un film : une référence maîtrisée et bien placée vaut mieux que cinq noms. C’est aussi ce qui nourrira l’exposé de culture générale du grand oral de l’ENM.

  4. 4. Compose en 5 heures, au moins une fois par mois

    Les conclusions sacrifiées « faute de temps » reviennent dans presque tous les rapports. Exemple de sujet d’entraînement donné en concours blanc dans la classe Prépa Talents de Paris (octobre 2025) : « “Deux dangers ne cessent de menacer le monde : l’ordre et le désordre.” Que penser aujourd’hui de cette pensée de Paul Valéry ? »

  5. 5. Soigne l’orthographe

    En 2025, malus à partir de 5 fautes par copie. Le jury cite des « perles », dont « Omer pour Homère ».

Questions fréquentes

Quel est l’intitulé exact de l’épreuve de culture générale de l’ENM ?

« Connaissance et compréhension du monde contemporain » : une composition portant sur une question posée aujourd’hui à la société française dans ses dimensions judiciaires, juridiques, sociales, politiques, historiques, économiques, philosophiques et culturelles. 5 heures, coefficient 4, pour le 1er concours, le 1er concours spécial « Talents » et le 2e concours.

Quels sujets sont tombés en culture générale à l’ENM ?

« Les océans et les mers » (2025), « Le péril numérique » (2024), « Être citoyenne et citoyen aujourd’hui » (2023), « Consensus et compromis » (2022), « Les normes, protection ou frein ? » (2021), « Fraternité » (2020), « La démocratie » (2019). Pour 2026, la presse étudiante rapporte « La résilience de la Nation », en attendant l’annale officielle.

Quelle est la moyenne en culture générale au concours ENM ?

Entre 7,72 (2022) et 9,72 (2024) pour l’ensemble des candidats du 1er concours sur les dix dernières sessions. En 2025 : 9,09 pour tous, 12,21 pour les admissibles, 12,42 pour les admis. Les meilleures copies publiées vont de 16,5 à 19.

Faut-il faire un plan en deux parties ?

Non. « Le plan en deux parties et deux sous-parties n’est pas un totem » (rapport 2022). Le jury accepte tous les plans cohérents, mais écarte en 2024 les plans « oui / non » qui défendent une thèse puis son contraire sans conclure.

Faut-il parler de droit dans la dissertation de culture générale ?

Oui. Pour un concours de la magistrature, le jury attend « une rigueur et une appréhension juridiques de la question posée » (2020). En 2021, il estimait que les aspects juridiques et administratifs des normes « devaient l’emporter » sur les réflexions philosophiques. En 2025, il regrette que le droit de la mer ait été ignoré.

Les autres écrits sont présentés dans le guide du concours ENM : coefficients sur la page épreuves, méthode de la note de synthèse de l’ENM, sujets des autres épreuves dans les annales.

Sources et méthode

Les chiffres de cette page viennent de sources publiques et officielles. Nous les mettons à jour à chaque nouvelle session. Dernière vérification : octobre 2026.